Voyage au Maroc : 10 différences culturelles que les Québécois devraient connaître avant de partir

Quand on vient du Québec, on pense parfois qu’on connaît déjà le Maroc. On a vu Marrakech sur Instagram, on a entendu parlé plusieurs histoires, on a bu du thé à la menthe, on connaît les souks un petit peu, les riads et peut-être même quelques mots en darija. Puis on prend l’avion avec Air Transat. Et on réalise rapidement, rendu sur cette terre africaine que certaines choses qui nous semblent parfaitement normales au Québec ne fonctionnent pas tout à fait de la même façon ici.
La notion du temps. La façon d’accueillir quelqu’un. Le rapport à la famille. Les vêtements. Le marchandage. La manière de communiquer…
Je suis Québécoise et je vis au Maroc depuis maintenant trois ans. J’ai eu la chance d’accompagner des groupes de Québécois ici dans le cadre de mes retraites de yoga.
Voici donc 10 différences culturelles que j’aurais aimé connaître — non pas pour vous dire comment « bien vous comporter » au Maroc, mais pour vous aider à mieux comprendre ce que vous allez vivre.
Avant de commencer : il n’existe pas un seul « Maroc »
Avant de parler de différences culturelles, j’ai envie de préciser quelque chose d’important : Marrakech n’est pas Imsouane, et Imsouane n’est pas Casablanca.
C’est probablement l’une des premières choses que j’ai comprises en vivant ici.
On peut passer quelques jours à Marrakech et avoir l’impression d’avoir compris le Maroc. Puis on arrive à Essaouira, à Imsouane, dans un petit village de l’Atlas ou dans une grande ville comme Casablanca… et on découvre une réalité complètement différente.
Marrakech est une grande destination touristique internationale. On y trouve énormément de visiteurs étrangers, des hôtels, des riads, des restaurants, des souks très touristiques et une industrie qui s’est développée autour du voyage.
Casablanca, de son côté, est une immense métropole économique. Le rythme de vie, les déplacements, le travail et les interactions sociales peuvent y être très différents de ceux d’un petit village côtier.
Et puis il y a Imsouane. C’est là que je vis, un petit village de pêcheurs et de surf sur la côte atlantique. Ici, le rythme est différent. Les gens se connaissent davantage, les relations de voisinage occupent une place importante et la vie quotidienne est beaucoup plus intimement liée à la communauté et à l’océan.
Ce que vous allez vivre comme voyageur dépend donc énormément de l’endroit où vous allez, des personnes que vous rencontrez et du contexte dans lequel vous voyagez.
Le Maroc est aussi culturellement très diversifié. Il faut également garder en tête que le Maroc possède une histoire, des régions et des identités culturelles multiples.
La culture amazighe, la culture arabe, les influences africaines, andalouses, juives, françaises et espagnoles ont toutes participé, à différents moments de l’histoire, à façonner le Maroc d’aujourd’hui. Même la langue que vous entendrez peut changer selon les endroits et les personnes. Le darija (arabe marocain) est très présent, mais plusieurs langues et variétés linguistiques coexistent, notamment les langues amazighes et le français, très utilisé dans de nombreux contextes.
Alors, quand je vous parle dans cet article de « culture marocaine », je ne veux surtout pas vous faire croire qu’il existe une liste de règles qui s’applique à chaque personne que vous allez rencontrer.
Ce sont plutôt des tendances culturelles, des habitudes et des façons de faire que vous pourriez observer. Et c’est justement ce qui rend un voyage au Maroc aussi intéressant.
Gardez votre curiosité… et laissez de la place à la surprise
Je conseille toujours aux voyageurs de faire quelque chose de très simple : observer avant de comparer.
Parce qu’il est facile d’arriver avec nos réflexes québécois et de penser :
« Chez nous, on fait ça comme ça. »
Mais votre façon de faire les choses n’est pas nécessairement la seule façon de les faire.
Certaines différences vont vous faire sourire. D’autres vont peut-être vous déstabiliser. Certaines vous sembleront complètement naturelles après quelques jours. Et parfois, vous découvrirez que ce que vous pensiez être une « règle culturelle marocaine » est simplement… la personnalité d’une personne.
C’est pourquoi je vous invite à lire les prochaines sections comme un guide pour mieux comprendre, et non comme un manuel de « comment se comporter au Maroc ».
Après plusieurs années ici et plusieurs groupes de Québécois accompagnés au Maroc, c’est probablement l’une des choses que j’aimerais le plus transmettre aux voyageurs : venez avec vos repères, mais ne vous attendez pas à ce que le Maroc fonctionne exactement comme le Québec.
C’est justement pour ça qu’on voyage.
1. Le rapport au temps peut être différent
C’est probablement l’une des différences culturelles que les Québécois remarquent le plus rapidement au Maroc. Bref, que j’ai remarqué assez rapidement!
Et lorsqu’on participe à une retraite de yoga, cette différence devient encore plus intéressante. Parce qu’une retraite demande paradoxalement deux choses qui peuvent sembler contradictoires :
de l’organisation… et de la souplesse.
Les transferts doivent être à l’heure. Le chauffeur doit venir chercher le groupe. Le repas doit être prêt. Le cours de yoga commence à une certaine heure. Une excursion est réservée. Mais en même temps, une retraite de yoga est justement l’occasion de sortir de notre relation habituelle avec le temps.
Et au Maroc, cette invitation à ralentir peut prendre une toute autre dimension.
« Inchallah » ne veut pas toujours dire « demain »
Vous allez probablement entendre le mot « Inchallah » plusieurs fois pendant votre séjour. L’expression signifie littéralement « si Dieu le veut » et fait partie du langage courant. Par exemple, vous demandez :
« Est-ce que le chauffeur sera là demain à 8 h? »
Et on vous répond :
« Inchallah. »
Si vous venez du Québec, vous pourriez entendre :
« Oui, c’est confirmé. »
Mais ce n’est pas nécessairement ce que cette réponse signifie. Selon le contexte, « Inchallah » peut exprimer une intention, un souhait ou le fait que l’avenir comporte toujours une part d’incertitude. C’est donc une expression qu’il faut apprendre à comprendre dans son contexte, plutôt que de la traduire littéralement.
Et dans une retraite de yoga, ça peut être déstabilisant
Imaginez que vous êtes une participante québécoise d’une retraite de yoga au Maroc.
Vous avez payé votre retraite.
Vous avez imprimé votre déroulement.
Vous êtes organisée.
Vous avez mis une alarme pour ne pas manquer le cours de yoga de 8 h.
Et puis…
Le petit-déjeuner prend plus de temps que prévu. Le chauffeur de taxi n’est pas encore arrivé. Quelqu’un est en train de terminer son thé.
Et vous commencez à regarder votre montre…
08 h 07.
Vous pensez : « Mais on devait partir à 8 h! »
Je connais très bien cette réaction. Parce qu’au Québec, nous avons souvent une relation très précise avec l’heure.
8 h signifie 8 h. Et c’est une qualité lorsqu’il faut prendre un avion, respecter un rendez-vous ou coordonner un groupe. Mais en voyage, particulièrement dans certains contextes au Maroc, il faut parfois accepter qu’un horaire puisse être un peu plus souple.
C’est là que l’expérience d’une retraite devient intéressante
Une retraite de yoga n’est pas seulement une succession d’activités à cocher.
Yoga à 8 h.
Petit-déjeuner à 10 h.
Excursion à 11 h 30.
Dîner à 14 h.
Yoga à 17 h 30.
Souper à 19 h.
Et dodo à 22 h.
Si tout est organisé à la minute près, on peut finir par reproduire exactement le rythme de vie dont on essayait justement de prendre une pause.
C’est pourquoi, lorsque j’organise une retraite, j’aime avoir une structure claire sans chercher à contrôler chaque minute.
Il faut savoir quand le groupe doit partir.
Il faut savoir quand une activité commence.
Il faut que les transferts soient organisés.
Mais il faut également laisser suffisamment d’espace pour que le voyage puisse respirer.
Apprendre à faire la différence entre « retard » et « imprévu »
C’est une nuance que j’ai moi-même apprise avec le temps.
Tout retard n’est pas nécessairement un problème. Parfois, c’est simplement la réalité du voyage.
Un repas qui s’étire parce que les gens discutent.
Une participante qui veut prendre quelques minutes pour regarder le coucher de soleil.
Un chauffeur qui doit gérer quelque chose avant d’arriver.
Une activité qui commence 15 minutes plus tard.
Et parfois, oui, il faut simplement ajuster le programme.
L’organisation d’un groupe ne consiste pas à empêcher tous les imprévus. Elle consiste aussi à savoir quoi faire lorsqu’ils arrivent.
Mais attention : une retraite de yoga n’est pas une excuse pour être désorganisé
C’est une distinction importante.
Être flexible ne signifie pas que tout est improvisé.
Quand j’organise une retraite, certains éléments doivent être extrêmement bien planifiés : les transferts, les hébergements, les repas, les excursions, les horaires de vols et la logistique du groupe.
Les participantes ont besoin de savoir où elles doivent être et quand. Mon rôle est justement de faire en sorte que la structure soit suffisamment solide pour que les participantes puissent, elles, lâcher prise. C’est une chose que je trouve particulièrement belle dans l’organisation d’une retraite. Plus l’organisation en arrière-plan est solide, plus les participantes peuvent avoir l’impression que tout est simple.
Et cette simplicité n’arrive pas par magie. Elle demande beaucoup de préparation.
Et si vous êtes une personne très ponctuelle?
Ne vous inquiétez pas. Vous n’avez pas besoin de devenir une nouvelle personne simplement parce que vous arrivez au Maroc.
Si vous êtes quelqu’un qui aime être à l’heure, gardez cette qualité. Mais essayez de ne pas laisser un petit changement d’horaire gâcher votre journée.
Au lieu de penser :
« Tout est en retard! »
essayez parfois de vous demander :
« Est-ce que quelque chose est réellement en train de mal se passer… ou est-ce simplement différent de ma façon habituelle de fonctionner? »
Cette petite question peut complètement changer votre expérience.
Peut-être que le vrai luxe, c’est justement d’avoir moins besoin de regarder l’heure
C’est peut-être ça que j’aime le plus dans une retraite de yoga au Maroc.
Pendant quelques jours, vous pouvez sortir de cette logique :
vite → efficace → productif → prochaine tâche → prochaine activité.
Vous pouvez prendre votre café sans regarder l’heure.
Rester quelques minutes de plus sur la terrasse.
Discuter après un cours de yoga.
Regarder l’océan.
Marcher sans destination précise.
Prendre un thé qui devait durer 15 minutes et qui finalement en dure 45.
Et réaliser que…
rien de grave ne s’est passé.
Vous n’avez rien « perdu ». Vous étiez simplement présente.
Et finalement, n’est-ce pas un peu ça, une retraite de yoga? Apprendre à être là où l’on est, plutôt que toujours penser à ce qui vient après.
Le Maroc peut parfois nous enseigner cette leçon sans même avoir besoin de monter sur notre tapis. Et c’est exactement pour ça que j’aime le Maroc. Il m’apprends énormément que rien ne presse tant que ça!
2. L’hospitalité marocaine est une véritable institution
L’une des premières choses que beaucoup de Québécois remarquent lorsqu’ils arrivent au Maroc, c’est l’importance accordée à l’hospitalité. Et je ne parle pas seulement du fait qu’on vous accueille avec un sourire.
Au Maroc, offrir quelque chose à boire, proposer à manger, vous inviter à vous asseoir ou prendre quelques minutes pour discuter peut faire partie intégrante de la façon de recevoir quelqu’un.
Pour une personne habituée à une culture où l’on demande souvent : « Tu veux un café? » et où un « non merci » met généralement fin à la conversation, cela peut parfois être déstabilisant. Parce qu’ici, votre premier « non » n’est pas nécessairement considéré comme votre réponse finale.
Le fameux thé à la menthe
Vous allez probablement boire beaucoup de thé à la menthe au Maroc. Et quand je dis beaucoup… c’est beaucoup.
Le thé à la menthe n’est pas simplement une boisson que l’on sert après un repas. Il accompagne les rencontres, les conversations, les visites, les moments d’attente et les moments où l’on prend simplement le temps d’être ensemble. On peut vous proposer un thé lorsque vous arrivez quelque part, lorsque vous rencontrez quelqu’un pour la première fois ou simplement parce que vous êtes assis avec une personne qui en prépare.
Et parfois, vous n’aviez absolument pas prévu de boire du thé. Mais le thé arrive quand même. Ça m’est arrivé quand je suis rentré dans un petit magasin pour m’acheter une bouteille d’eau. Le caissier se préparait un thé et il m’a offert un verre! J’étais sans mot.
Dans un contexte de retraite de yoga, cette différence devient particulièrement intéressante. Au Québec, on peut avoir tendance à vouloir optimiser notre journée.
Au Maroc, le moment autour d’un thé peut complètement ralentir cette logique.
On s’assoit.
On parle.
On attend.
On sert le thé.
On ressert.
Et finalement, ce qui devait être « juste un petit thé » devient parfois un véritable moment de rencontre.
C’est justement une partie de ce que j’aime transmettre dans mes retraites : le voyage ne se trouve pas uniquement dans les activités que nous avons inscrites à l’itinéraire. Il se trouve aussi dans ces moments qui n’étaient pas nécessairement prévus.
Pourquoi on vous offre souvent quelque chose à manger ou à boire
L’hospitalité marocaine passe aussi beaucoup par la nourriture. Vous arrivez quelque part et on vous propose quelque chose à manger. Vous dites que vous avez déjà mangé? On vous propose peut-être quand même quelque chose.
Vous êtes invitée chez quelqu’un? Il est très possible que l’on cherche à vous faire manger avant même de vous demander si vous avez faim.
Et lorsqu’on vous dit :
« Mange, mange! »
… ce n’est pas nécessairement parce que la personne pense que vous êtes affamée. C’est souvent une façon de prendre soin de vous et de vous faire sentir la bienvenue.
C’est une nuance importante à comprendre lorsqu’on voyage au Maroc.
Au Québec, respecter l’espace de l’autre peut parfois signifier ne pas insister.
Au Maroc, insister un peu peut justement être une façon de démontrer son hospitalité.
Cela ne veut évidemment pas dire que toutes les personnes ou toutes les familles fonctionnent de la même manière. Les habitudes varient énormément selon les régions, les familles, les générations et le contexte. Mais comme voyageuse, vous allez probablement rencontrer cette générosité à plusieurs reprises. Et lors d’une retraite de yoga, elle peut prendre une dimension encore plus intéressante.
Un repas partagé après une pratique.
Un thé avec une famille locale.
Un petit déjeuner préparé avec soin.
Un fruit offert pendant une excursion.
Une personne qui insiste pour que vous goûtiez quelque chose.
Ces moments peuvent devenir beaucoup plus mémorables que certaines activités pourtant soigneusement planifiées.
Faut-il toujours accepter?
Non. Et c’est probablement l’une des choses que j’aimerais le plus que les Québécois comprennent.
Vous n’avez pas besoin de tout accepter pour être respectueuse.
Si vous n’avez pas faim, vous pouvez dire non.
Si vous ne voulez pas de thé, vous pouvez refuser.
Si vous êtes fatiguée et que vous avez besoin de retourner à votre chambre, vous avez parfaitement le droit de le faire. La différence est parfois dans la manière de refuser. Un « Non. » très direct peut sembler plus abrupt dans certains contextes qu’un :
« Merci beaucoup, mais je n’en prendrai pas cette fois. »
Ou simplement :
« Merci, je suis vraiment rassasiée. »
Et si la personne insiste une deuxième fois? Ne soyez pas nécessairement surprise.
Vous pouvez simplement répéter votre réponse avec gentillesse.
C’est là qu’il faut trouver l’équilibre entre s’adapter à une culture différente et respecter ses propres limites. Comprendre l’hospitalité marocaine ne signifie pas qu’il faut dire oui à tout. Cela signifie plutôt apprendre à reconnaître ce qui se trouve derrière le geste. Quelqu’un vous offre du thé?
Ce n’est peut-être pas seulement du thé. Quelqu’un vous propose encore une assiette? Ce n’est peut-être pas seulement de la nourriture. Quelqu’un vous invite à vous asseoir alors que vous étiez simplement de passage? Ce n’est peut-être pas une perte de temps.
C’est parfois simplement une manière de dire :
« Tu es la bienvenue ici. »
Et pour moi, c’est l’une des plus belles choses à découvrir lorsqu’on voyage au Maroc.
Dans une retraite de yoga, laissez aussi de la place à ça
C’est justement pour cette raison que je ne construis pas mes retraites uniquement autour d’un horaire rempli d’activités. Bien sûr, les transferts doivent être organisés, les repas prévus et les excursions planifiées. Mais il faut aussi laisser de l’espace à ce qui ne se planifie pas.
Un thé qui s’éternise.
Une conversation avec quelqu’un du village.
Un repas qui prend plus de temps que prévu.
Une invitation spontanée.
Un moment où tout le groupe se retrouve autour d’une table sans regarder l’heure.
Parce qu’une retraite au Maroc, ce n’est pas simplement transporter une semaine de yoga dans un autre pays. C’est aussi accepter de vivre pendant quelques jours dans un environnement où certaines façons de faire sont différentes des nôtres.
Et parfois, le plus beau souvenir de la journée n’était même pas au programme.

3. Le marchandage : quand négocier et quand ne pas le faire?
Pour beaucoup de Québécois qui arrivent au Maroc, le marchandage peut être une expérience complètement nouvelle.
On entre dans un souk, on voit un sac, une paire de babouches ou un objet artisanal qui nous plaît et…
« C’est combien? »
Le vendeur dit son prix.
Vous faites une drôle de face.
Il vous demande combien vous voulez payer.
Vous donnez un montant.
Il rit.
Vous riez.
Il vous propose autre chose.
Vous repartez. Ou vous achetez finalement quelque chose que vous n’aviez absolument pas prévu d’acheter.
Bienvenue dans le marchandage.
Mais avant de commencer à négocier chaque prix que vous rencontrez, il y a une chose importante à comprendre : le marchandage ne s’applique pas partout. Et surtout, il ne s’agit pas nécessairement de gagner contre le vendeur.
Dans les souks
C’est probablement l’endroit où vous aurez le plus souvent l’occasion de négocier.
Dans certains souks et commerces destinés notamment aux touristes, les prix peuvent être flexibles et la négociation fait partie de l’expérience commerciale. Le premier prix annoncé n’est donc pas nécessairement le dernier.
Mais attention : cela ne veut pas dire que tout prix est automatiquement gonflé ni que vous devez systématiquement essayer de couper le prix de moitié.
Tout dépend du produit, du commerce, de la ville, du vendeur et du contexte.
Le marchandage peut aussi être une interaction sociale.
On discute. On plaisante. On propose un prix. Le vendeur en propose un autre. Vous réfléchissez. Vous revenez avec une autre proposition. Et éventuellement, vous arrivez à un prix qui convient aux deux parties.
Une erreur fréquente des Québécois
C’est de penser : « Il faut absolument que je paie le moins cher possible. »
Pas nécessairement.
Imaginez que vous négociez pendant quinze minutes pour économiser l’équivalent de quelques dollars sur un objet fabriqué à la main. Vous avez peut-être « gagné » la négociation… mais est-ce vraiment le but?
Lorsque j’accompagne des groupes, j’aime plutôt encourager les gens à voir le marchandage comme une interaction culturelle.
Vous pouvez négocier.
Vous pouvez vous amuser.
Mais vous pouvez aussi reconnaître la valeur du travail derrière l’objet. Surtout lorsqu’il s’agit d’artisanat.
Dans les taxis et certains commerces
Le fonctionnement peut être différent selon le type de taxi et la ville. C’est justement pourquoi il est important de ne pas appliquer une règle unique à tout le Maroc. Avant de monter dans un taxi ou d’accepter un trajet, il est préférable de savoir comment le tarif fonctionne dans le contexte où vous vous trouvez. Dans certains cas, le prix est réglementé ou calculé au compteur. Dans d’autres situations, notamment pour certains trajets négociés à l’avance, le prix peut être discuté avant de partir.
Le plus important est d’éviter de découvrir le prix seulement à la fin du trajet.
Une simple question peut vous éviter beaucoup de frustration : « C’est combien pour aller là-bas? »
Et si le prix doit être négocié, faites-le avant de monter.
Pour les voyageurs qui ne connaissent pas encore les habitudes locales, c’est particulièrement important. Vous n’avez pas besoin de devenir expert en négociation. Vous devez simplement savoir quand le prix est fixe et quand il ne l’est pas.
Les endroits où le prix est fixe
Et c’est ici qu’il faut faire attention à un réflexe que certains voyageurs développent rapidement :
« Au Maroc, tout se négocie. » Non. Ce n’est pas vrai.
Vous trouverez énormément de commerces où le prix est affiché et où il n’est pas nécessaire de négocier.
Supermarchés. Pharmacies. Restaurants. Cafés. Boutiques avec prix affichés. Certaines enseignes et commerces plus structurés.
Dans ces endroits, vous ne gagnez absolument rien à commencer une négociation de quinze minutes. Le prix est le prix.
Et parfois, demander :
« What’s your best price? »
alors que le prix est clairement affiché peut simplement créer une situation étrange.
Encore une fois, observez le contexte avant de négocier.
Comment savoir si je peux négocier?
Voici une règle très simple lorsque vous êtes en voyage : Regardez autour de vous.
Le prix est-il affiché?
Sommes-nous dans un souk?
Est-ce une petite boutique d’artisanat?
Est-ce un service dont le prix a été convenu à l’avance?
Est-ce un restaurant?
Est-ce une grande enseigne?
Est-ce un taxi dont le tarif fonctionne au compteur?
Le contexte vous donnera souvent la réponse. Et si vous n’êtes pas certaine? Vous pouvez simplement demander :
« Le prix est fixe ou négociable? » C’est probablement l’une des phrases les plus utiles à apprendre.
Marchander sans manquer de respect
C’est probablement la partie la plus importante. Parce qu’il existe une différence entre négocier et rabaisser le travail de quelqu’un.
Vous pouvez dire :
« C’est trop cher pour mon budget. »
Vous pouvez proposer un autre montant.
Vous pouvez dire :
« Je vais réfléchir. »
Vous pouvez même partir et revenir plus tard. Mais évitez de transformer la négociation en confrontation.
Pas besoin de s’énerver.
Pas besoin d’humilier le vendeur.
Pas besoin de répéter que « c’est beaucoup trop cher » comme si la personne essayait nécessairement de vous arnaquer.
Et surtout, si vous arrivez à un prix et que vous acceptez clairement l’achat, assumez votre décision.
Le marchandage n’est pas un combat que vous devez absolument gagner. C’est une transaction.
Et si le vendeur refuse mon prix?
C’est parfaitement correct. Il a le droit de refuser. Vous avez le droit de ne pas acheter.
Vous pouvez simplement sourire, remercier la personne et continuer votre chemin.
Et parfois…
vous allez faire trois boutiques, négocier pendant vingt minutes et finalement revenir au premier vendeur parce que vous réalisez que c’était probablement le prix qui vous convenait le mieux.
Ça aussi, ça fait partie du voyage.
Le marchandage pendant une retraite de yoga
Pour une retraite, je conseille aux participantes de ne pas se mettre trop de pression avec ça. Vous n’avez pas besoin de devenir une négociatrice professionnelle parce que vous partez une semaine au Maroc. Au contraire.
Lorsque vous êtes en groupe, votre temps et votre énergie ont aussi une valeur.
Si vous trouvez quelque chose qui vous plaît et que le prix vous semble raisonnable, vous pouvez simplement l’acheter. Vous n’avez pas à négocier absolument chaque dirham. Et si vous êtes accompagnée par une organisatrice ou un guide local, profitez-en pour poser vos questions.
« Est-ce que ça se négocie ici? »
« Est-ce que ce prix est normal? »
« Est-ce que je peux acheter ça ici sans négocier? »
C’est aussi une façon d’apprendre.
Une petite règle que j’aime garder en tête
Lorsque je négocie, j’essaie de me demander :
« Est-ce que je cherche réellement à obtenir un prix juste, ou est-ce que je veux simplement avoir l’impression d’avoir gagné? »
Parce que ce n’est pas la même chose. Vous êtes en voyage. Vous avez payé un billet d’avion pour venir jusqu’ici, vous séjournez dans un hôtel, vous mangez au restaurant, vous participez à des activités… Vous n’avez pas besoin de gagner chaque négociation de quelques dirhams.
Et parfois, payer un peu plus pour un produit qui vous plaît, à un artisan dont vous appréciez le travail, est simplement votre choix.
Le bon état d’esprit
Le meilleur conseil que je puisse donner?
Négociez lorsque le contexte s’y prête.
Ne négociez pas lorsque le prix est clairement fixe.
Et lorsque vous négociez, faites-le avec respect et légèreté.
Vous n’avez pas besoin de connaître toutes les règles avant d’arriver. Observez. Posez des questions. Apprenez.
Et surtout, souvenez-vous que le but d’un voyage n’est pas de repartir en ayant payé chaque chose au prix le plus bas possible.
C’est de repartir avec une expérience que vous aurez envie de raconter.

4. Les vêtements : ce qui passe à la plage ne passe pas nécessairement partout
C’est probablement l’une des questions que l’on me pose le plus souvent avant un voyage au Maroc :
« Mais j’amène quoi? »
Et la réponse est beaucoup moins compliquée qu’on pourrait le penser. Vous n’avez pas besoin de refaire complètement votre garde-robe avant de partir.
Vous n’avez pas non plus besoin de porter un voile parce que vous êtes une femme.
Mais il y a une chose importante à comprendre :
au Maroc, le contexte compte énormément.
La tenue dans laquelle vous êtes parfaitement à l’aise sur une plage d’Imsouane ne sera pas nécessairement celle que vous choisirez pour visiter une médina, entrer dans un lieu religieux ou vous promener dans un village. Il ne s’agit pas forcément de savoir ce qui est « permis » ou « interdit ». Il s’agit surtout de savoir où vous êtes et de vous habiller en conséquence.
Plage, ville, village : trois contextes différents
Commençons par la plage.
Dans les destinations balnéaires et les endroits fréquentés par les surfeurs et les voyageurs, vous allez voir une grande diversité de vêtements.
Maillot de bain, bikini, short, robe de plage, vêtements de surf… Ce n’est pas particulièrement surprenant dans un contexte de plage.
Mais le petit détail qui peut surprendre un Québécois est le suivant :
le fait d’être à la plage ne signifie pas nécessairement que toute la zone autour de la plage fonctionne comme une plage.
Vous pouvez être parfaitement à l’aise en bikini sur le sable et choisir de mettre un short et un t-shirt avant d’aller marcher dans les rues du village.
C’est simplement une question de contexte. Et cette distinction devient particulièrement évidente dans les petites communautés.
À Imsouane, par exemple, vous pouvez croiser des voyageurs en tenue de surf, des habitants portant des vêtements beaucoup plus conservateurs et des personnes qui ont simplement leur propre façon de s’habiller.
Le Maroc n’a donc pas un seul « code vestimentaire ».
Et en ville?
Dans les grandes villes touristiques comme Marrakech, vous verrez également énormément de styles différents. Vous croiserez des voyageuses en vêtements très courts, des femmes en jeans et t-shirt, des femmes portant le hijab, des femmes habillées de façon très élégante et toutes sortes de styles entre les deux. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les tenues sont adaptées à tous les contextes.
Pour visiter une médina, prendre les transports, aller dans certains quartiers ou simplement se promener toute la journée, une tenue relativement sobre et confortable est généralement un choix facile.
Une robe légère. Un pantalon ample. Un t-shirt. Une chemise. Une jupe ou un short d’une longueur raisonnable. Vous n’avez pas besoin de vous couvrir de la tête aux pieds. Mais vous pouvez éviter de choisir votre tenue de plage pour aller visiter une ville toute la journée.
Et dans un village?
C’est là que l’observation devient particulièrement utile.
Dans une petite communauté, vous n’êtes pas nécessairement dans un environnement où les mêmes habitudes vestimentaires que dans une destination touristique internationale sont présentes. Cela ne veut pas dire que vous allez attirer automatiquement l’attention si vous portez un short.
Mais une tenue un peu plus couvrante peut être une façon simple de montrer que vous respectez le contexte dans lequel vous vous trouvez. Et ce conseil vaut particulièrement si vous quittez les zones touristiques.
Plus vous entrez dans un environnement local, plus je recommande d’observer comment les gens autour de vous s’habillent.
Pas pour copier leur tenue. Simplement pour comprendre le contexte.
Faut-il couvrir ses épaules?
Pas systématiquement. C’est probablement l’une des idées reçues que j’aimerais déconstruire.
Vous n’avez pas besoin de couvrir vos épaules en permanence parce que vous êtes au Maroc. Dans beaucoup de situations touristiques, une camisole ou un haut à manches courtes ne posera pas de problème. Mais si vous visitez un endroit plus conservateur, un village, un lieu religieux ou participez à une rencontre avec une famille locale, vous pourriez préférer une tenue plus couvrante. Et c’est très facile à prévoir.
Personnellement, j’aime avoir une chemise légère ou un petit châle dans mon sac. Cela ne prend presque aucune place. Et ça permet de transformer rapidement une tenue très estivale en quelque chose de plus adapté à un autre contexte.
Est-ce qu’une femme doit porter un voile?
Non. Une voyageuse étrangère n’a pas besoin de porter le hijab simplement parce qu’elle voyage au Maroc.
Vous verrez des femmes marocaines qui portent le hijab et d’autres qui ne le portent pas. Le Maroc est une société diverse et les pratiques vestimentaires varient selon les personnes, les familles, les régions et les milieux. En revanche, certains lieux religieux peuvent avoir des règles ou des attentes vestimentaires particulières. Dans ce cas, il faut simplement respecter les consignes du lieu.
Et si vous avez un doute? Demandez. C’est beaucoup plus simple que d’arriver avec l’idée qu’il existe une règle unique pour toutes les femmes au Maroc.
Et pendant une retraite de yoga?
C’est un contexte qui mérite une attention particulière. Sur le tapis, dans votre hébergement ou autour de la piscine, vous allez probablement être beaucoup plus libre dans votre façon de vous habiller. Une retraite de yoga peut aussi inclure une plage, du surf, une séance au bord de l’océan ou une pratique sur une terrasse. Mais dès que vous quittez l’espace de retraite pour aller dans un village, visiter une ville ou rencontrer une communauté locale, je recommande simplement d’adapter votre tenue.
C’est exactement ce que j’explique aux participantes avant mes retraites :
Vous n’avez pas besoin de vous cacher. Vous avez simplement besoin de comprendre le contexte.
Et c’est une nuance importante. Le but n’est pas d’arriver au Maroc en ayant peur de montrer ses épaules ou ses jambes. Le but est d’être suffisamment consciente de son environnement pour savoir quand une tenue de plage reste une tenue de plage.
Respecter une culture sans s’effacer
Je trouve qu’il y a parfois deux extrêmes lorsqu’on parle de vêtements au Maroc. Le premier :
« Je suis en vacances, je m’habille comme je veux partout. »
Le deuxième :
« Je suis une femme au Maroc, donc je dois me couvrir complètement. »
La réalité est beaucoup plus nuancée.
Vous pouvez être vous-même. Vous pouvez porter des vêtements modernes. Vous pouvez porter un maillot de bain. Vous pouvez montrer vos cheveux. Vous pouvez porter une robe. Vous pouvez faire du yoga en leggings. Et en même temps, vous pouvez choisir de mettre une chemise par-dessus votre camisole lorsque vous entrez dans un environnement plus conservateur. Ce n’est pas nécessairement une contradiction. C’est simplement savoir s’adapter au contexte dans lequel on se trouve.
Mon conseil pour faire sa valise
Si vous partez au Maroc, je vous recommande de penser en termes de couches et de polyvalence, plutôt qu’en termes de « vêtements marocains ». Quelques pièces faciles à combiner peuvent faire énormément :
- une chemise légère à manches longues;
- un pantalon ample;
- une robe confortable;
- des shorts pour la plage;
- vos vêtements de yoga;
- un foulard ou un châle léger;
- un maillot de bain;
- des vêtements respirants pour les journées chaudes.
Et surtout, laissez de la place dans votre valise. Parce qu’il y a de fortes chances que vous repartiez avec quelque chose que vous n’aviez absolument pas prévu d’acheter dans un souk. Et oui… probablement après avoir négocié son prix.

5. Les démonstrations d’affection en public
Voici un autre sujet qui peut surprendre les Québécois, particulièrement lorsqu’ils voyagent en couple :
la façon de montrer son affection en public n’est pas nécessairement la même au Maroc qu’au Québec.
Au Québec, voir un couple se tenir la main, se faire un câlin ou s’embrasser rapidement dans un lieu public ne provoque généralement pas beaucoup de réactions. Au Maroc, le contexte social peut être différent.
Cela ne signifie pas qu’il faut devenir complètement distant avec son partenaire pendant vos vacances. Il s’agit plutôt de comprendre que certaines démonstrations d’affection peuvent attirer davantage l’attention, particulièrement dans des environnements plus conservateurs.
Voyager en couple au Maroc
Voyager au Maroc en couple peut être une expérience magnifique. Vous pouvez partager un repas, vous promener ensemble, faire du surf, visiter une médina, prendre un thé, partir en excursion ou simplement profiter de vos vacances.
Vous n’avez pas besoin de faire semblant de ne pas vous connaître.
Mais il peut être utile de faire preuve d’un peu plus de discrétion dans vos interactions physiques, particulièrement lorsque vous êtes dans des espaces publics ou dans des communautés moins touristiques.
Un couple qui se tient la main n’est pas nécessairement en train de provoquer un scandale. Mais un long baiser passionné au milieu d’une rue très fréquentée n’aura probablement pas la même réception qu’à Montréal.
C’est une question de contexte.
Être affectueux sans attirer inutilement l’attention
La règle que je donnerais à un couple québécois est assez simple : observez ce qui se passe autour de vous.
Vous êtes dans une station balnéaire très touristique? L’ambiance peut être beaucoup plus détendue.
Vous êtes dans une petite communauté locale? Vous pouvez choisir d’être plus discrets.
Vous visitez un lieu religieux? Là, la question ne se pose même pas : on adapte son comportement au lieu.
Vous êtes dans un restaurant? Vous pouvez évidemment profiter de votre soirée ensemble, tout en gardant en tête que certaines démonstrations d’affection peuvent être perçues différemment.
Ce n’est pas très compliqué. Vous n’avez pas besoin de calculer chaque geste. Vous avez simplement besoin de regarder autour de vous et de vous demander : « Est-ce que ce comportement serait considéré comme normal dans ce contexte? »
Ce qui peut être perçu différemment
C’est là que le voyage devient intéressant.
Nous avons tous tendance à penser que nos normes sociales sont universelles. Elles ne le sont pas.
Un geste qui nous semble complètement banal peut avoir une autre signification dans un autre contexte culturel. Et cela fonctionne dans les deux sens.
Une façon de saluer.
La distance entre deux personnes.
La façon de parler à quelqu’un.
La proximité physique entre amis.
Les démonstrations d’affection. Tout cela peut varier d’une culture à l’autre.
Et il est important de ne pas immédiatement interpréter une différence comme quelque chose de « bizarre » ou de « répressif ». C’est simplement une autre norme sociale.
Et les couples non mariés?
C’est un sujet qui mérite davantage de nuance.
Au Maroc, les questions liées au mariage, à la vie privée et aux relations de couple peuvent être socialement différentes de ce que connaissent les Québécois. Les voyageurs étrangers peuvent également se retrouver dans des situations très différentes selon leur hébergement, leur destination et le contexte. Il ne faut donc pas supposer que parce qu’une situation est parfaitement normale au Québec, elle sera nécessairement perçue de la même façon partout au Maroc.
Si vous voyagez en couple et que vous avez une situation particulière — notamment concernant l’hébergement, la location d’un logement ou des questions juridiques — renseignez-vous avant votre départ sur les règles qui s’appliquent réellement à votre situation.
La culture et la loi ne sont pas la même chose.
Et pendant une retraite de yoga?
C’est un contexte encore différent. Une retraite peut réunir des participantes venues de plusieurs pays, avec des conceptions très différentes des relations, de l’intimité et de l’espace personnel. Dans l’espace de la retraite, vous allez probablement retrouver une atmosphère très détendue. Mais lorsque le groupe sort de l’hébergement pour visiter un village, rencontrer une famille locale ou participer à une activité avec la communauté, je recommande simplement de rappeler les codes du contexte dans lequel nous sommes.
Ce n’est pas une question de peur. C’est une question de respect.
Et c’est aussi une façon de rendre l’expérience plus agréable pour tout le monde.
Ne confondez pas discrétion et honte
C’est probablement la nuance que j’aimerais le plus transmettre.
Être discret en public ne veut pas dire avoir honte de son couple. Vous pouvez aimer votre partenaire. Vous pouvez voyager ensemble. Vous pouvez rire, discuter, vous tenir près l’un de l’autre et profiter pleinement de votre voyage. Vous choisissez simplement de réserver certaines démonstrations d’intimité aux endroits où elles sont plus appropriées. Un peu comme lorsqu’on entre dans un lieu religieux au Québec et que l’on adapte naturellement son comportement.
On ne se dit pas :
« Je ne peux plus être moi-même. »
On comprend simplement :
« Ce lieu a ses propres codes. »
Mon conseil de voyageuse
Si vous voyagez en couple au Maroc, vous n’avez pas besoin de devenir un couple complètement différent. Gardez votre complicité. Gardez votre humour. Gardez votre affection. Mais soyez attentifs à votre environnement.
Dans les endroits très touristiques, vous verrez probablement une grande diversité de comportements. Dans les communautés plus traditionnelles ou les lieux religieux, la discrétion sera généralement davantage de mise. Et si vous avez un doute?
Faites un peu moins que ce que vous feriez spontanément au Québec.
C’est une règle simple qui fonctionne bien lorsqu’on découvre une nouvelle culture.
Vous pourrez toujours vous adapter ensuite. Parce qu’au fond, voyager dans un autre pays, ce n’est pas seulement découvrir ce que les autres font différemment. C’est aussi apprendre à regarder nos propres habitudes avec un peu plus de distance.

6. Le rapport à la religion est plus visible dans la vie quotidienne
Pour une personne qui vient du Québec, l’une des différences culturelles les plus frappantes au Maroc peut être la place visible de la religion dans la vie quotidienne.
Le Maroc est un pays à majorité musulmane et l’islam fait partie de l’histoire, de la culture et de la vie sociale du pays. Mais il est important de faire une distinction dès le départ :
Voyager dans un pays musulman ne signifie pas que vous devez être musulmane, pratiquer l’islam ou modifier vos propres croyances.
Vous êtes une voyageuse. Votre rôle est simplement de comprendre l’environnement dans lequel vous vous trouvez et de respecter certaines pratiques et certains lieux. Et contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, la religion ne se manifeste pas uniquement dans les mosquées. Elle peut aussi être présente dans le rythme de la journée, les conversations, les habitudes alimentaires, les fêtes et certaines expressions que vous entendrez régulièrement.
L’appel à la prière
L’une des premières choses que vous allez probablement remarquer est l’appel à la prière.
Cinq fois par jour, l’appel à la prière est diffusé depuis les mosquées.
Si vous séjournez au Maroc pour la première fois, il peut vous surprendre de l’entendre alors que vous êtes simplement en train de prendre votre café, de marcher dans une rue ou de vous préparer pour une séance de yoga. La première fois, vous vous demandez peut-être :
« Est-ce que c’est une alarme? »
Puis vous réalisez que ce son fait simplement partie du paysage sonore quotidien.
Et après quelques jours, il devient presque familier.
Pour quelqu’un qui vient du Québec, où la religion est généralement beaucoup moins audible dans l’espace public, cette expérience peut être assez particulière.
Pendant une retraite de yoga, cela peut d’ailleurs créer des moments assez magnifiques.
Vous êtes sur votre tapis. Le soleil se lève. Le village commence à se réveiller. Et vous entendez l’appel à la prière au loin.
Il n’est pas nécessaire d’interrompre votre pratique parce que vous l’entendez. Vous pouvez simplement l’accueillir comme une partie de l’environnement dans lequel vous pratiquez.
Le Ramadan : un autre rythme de vie
Si vous voyagez au Maroc pendant le Ramadan, vous allez probablement remarquer encore davantage la présence de la religion dans le quotidien.
Le Ramadan est le mois sacré pendant lequel les musulmans pratiquants jeûnent de l’aube au coucher du soleil. Mais pour les voyageurs, il est important de comprendre que le Ramadan ne signifie pas que tout le pays s’arrête. La vie continue.
Les commerces fonctionnent, les gens travaillent, les familles se rencontrent et les restaurants destinés aux touristes peuvent continuer à servir leurs clients. Mais les horaires et les rythmes peuvent être différents.
Certaines personnes commencent leur journée plus tôt. D’autres commerces peuvent ouvrir plus tard. Les soirées peuvent devenir beaucoup plus animées après le coucher du soleil. Et le repas qui rompt le jeûne, l’iftar, devient un moment important de la journée.
Pour un voyageur, cela peut demander un peu plus de flexibilité.
Si vous participez à une retraite de yoga pendant le Ramadan, l’organisation des repas et des activités peut notamment nécessiter quelques ajustements.
Est-ce qu’on doit jeûner pendant le Ramadan?
Non. Si vous n’êtes pas musulmane, vous n’avez pas à jeûner simplement parce que vous voyagez au Maroc pendant le Ramadan.
Vous pouvez manger et boire. Vous pouvez continuer vos activités normalement. Mais il peut être apprécié de faire preuve d’un peu de discrétion, particulièrement dans certains contextes ou devant des personnes qui jeûnent.
Et surtout, évitez de considérer le jeûne comme quelque chose d’étrange ou d’incompréhensible.
Pour une personne qui pratique le Ramadan, il s’agit d’une période spirituelle importante qui peut également être associée à la famille, à la générosité, à la solidarité et aux rassemblements.
La nourriture halal
Autre différence que vous remarquerez rapidement : la nourriture halal est la norme dans de nombreux contextes alimentaires au Maroc.
Le terme halal signifie essentiellement « permis » ou « licite » selon les règles islamiques.
Pour un voyageur québécois, cela peut surtout devenir pertinent lorsqu’il s’agit de viande. Vous allez trouver énormément de poulet, de bœuf, d’agneau et de poisson dans la cuisine marocaine, ainsi qu’une très grande variété de plats végétariens.
Et pour les personnes qui mangent végétarien, le Maroc peut d’ailleurs offrir énormément de possibilités : légumes, salades, lentilles, pois chiches, couscous végétarien, tajines de légumes, etc.
Dans le cadre d’une retraite de yoga, cette diversité alimentaire peut être particulièrement intéressante. Un bon menu de retraite ne consiste pas seulement à reproduire exactement les repas auxquels les participantes sont habituées au Québec. C’est aussi l’occasion de découvrir la cuisine locale.
Tajines. Couscous.
Salades marocaines.
Pain frais. Fruits.
Thé à la menthe.
Et beaucoup de légumes et d’épices.
Et l’alcool?
C’est également une différence que certains Québécois remarquent.
L’alcool existe au Maroc, notamment dans certains hôtels, restaurants, bars et établissements touristiques, mais il n’occupe évidemment pas la même place sociale qu’au Québec et parfois, il peut être difficile d’en trouver.
Il faut donc éviter de partir avec l’idée que vous trouverez de l’alcool partout simplement parce que vous êtes dans une destination touristique. En effet, la plupart des restaurants servant de l’alcool sont souvent bondés et il faut réserver d’avance.
Si vous en consommez, renseignez-vous simplement sur les endroits où cela est autorisé et approprié.
Encore une fois, le contexte compte.
Respecter les lieux religieux
Vous allez probablement voir de nombreuses mosquées pendant votre voyage. Dans la plupart des cas, les non-musulmans ne peuvent pas simplement entrer dans une mosquée comme ils entreraient dans une église touristique au Québec. Il existe toutefois des exceptions et certains sites religieux sont accessibles aux visiteurs dans des conditions particulières. La Mosquée à Casablanca est permise aux visiteurs.
Le principe le plus simple est donc : si vous n’êtes pas certaine, renseignez-vous avant d’entrer.
Et lorsqu’un lieu religieux est accessible aux visiteurs, adaptez votre comportement et votre tenue au lieu.
Évitez de parler fort. Habillez-vous de manière appropriée. Suivez les indications sur place.
Et surtout, observez les personnes qui fréquentent le lieu. Vous n’avez pas besoin de connaître tous les codes religieux pour faire preuve de respect.
Une chose importante : ne confondez pas religion et culture
Tout ce que vous observez au Maroc n’est pas nécessairement « religieux ».
Certaines habitudes sont liées à la culture. D’autres à la famille. D’autres à la région. D’autres à l’histoire.
Et certaines sont effectivement liées à l’islam.
Tout cela se mélange parfois dans la vie quotidienne.
Par exemple, entendre « inchallah » dans une conversation ne signifie pas nécessairement que vous êtes en train d’assister à une discussion religieuse.
De la même façon, certaines personnes peuvent être très pratiquantes, d’autres beaucoup moins, et d’autres encore avoir une relation très personnelle avec la religion.
Il n’existe pas une seule façon d’être Marocain ou Marocaine.
Pendant une retraite de yoga
Une retraite peut réunir des Québécoises avec des croyances, des pratiques spirituelles et des rapports à la religion très différents. Certaines seront très à l’aise avec la présence de l’islam dans leur environnement. D’autres seront peut-être surprises d’entendre l’appel à la prière plusieurs fois par jour. Certaines vont simplement continuer leur pratique. D’autres vont être curieuses et poser des questions.
Toutes ces réactions sont normales.
Le but est de pratiquer dans un autre environnement culturel et d’en apprécier la richesse sans chercher à tout ramener à ses propres repères.
Et personnellement, je trouve que c’est l’un des beaux côtés d’une retraite à l’étranger.
Votre tapis reste le même.
Votre respiration reste la même.
Mais le paysage autour de vous change.
Mon conseil : laissez la différence exister
Vous n’avez pas besoin d’être d’accord avec toutes les croyances que vous rencontrez.
Vous n’avez pas besoin de les adopter.
Vous n’avez même pas besoin de les comprendre complètement.
Vous pouvez simplement les observer avec respect.
Un appel à la prière retentit? Écoutez-le.
Vous êtes au Maroc pendant le Ramadan? Adaptez-vous au rythme du pays.
Vous entrez dans un lieu religieux? Respectez ses règles.
On vous sert un repas halal? Mangez-le sans en faire toute une histoire.
Voyager, ce n’est pas seulement visiter un pays. C’est aussi accepter, pendant quelques jours, de vivre au milieu de repères qui ne sont pas exactement les nôtres.
Et c’est souvent là que le voyage devient réellement intéressant.

7. Les repas sont souvent une expérience collective
S’il y a une chose que vous allez rapidement comprendre au Maroc, c’est que manger n’est pas toujours simplement une question de se nourrir.
Un repas peut être un moment pour se retrouver, discuter, recevoir quelqu’un, prendre son temps et partager.
Et pour une Québécoise habituée à manger rapidement entre deux rendez-vous, à prendre un lunch devant son ordinateur ou à commander quelque chose pour soi, cette différence peut être assez agréable… ou légèrement déstabilisante au début.
Manger ensemble
Au Québec, un repas peut être très individuel.
On choisit son plat. On reçoit son assiette. On mange. On paie.
Et parfois, quarante-cinq minutes plus tard, tout le monde est déjà reparti à ses occupations.
Au Maroc, le repas peut avoir une tout autre dynamique.
On s’installe autour de la table. On discute. On partage. On sert les autres. On prend le temps.
Et il n’est pas rare qu’une personne vous dise :
« Mange! »
Alors que vous venez littéralement de déposer votre fourchette. Ce n’est pas nécessairement parce qu’elle pense que vous n’avez pas assez mangé.
C’est souvent une façon de vous montrer que vous êtes bien accueillie.
Tajine, couscous et repas partagés
La cuisine marocaine est évidemment beaucoup plus vaste que quelques plats emblématiques, mais le tajine et le couscous font partie des plats que les voyageurs associent rapidement au pays.
Et ce qui est intéressant n’est pas seulement ce qu’il y a dans l’assiette. C’est aussi la façon dont le repas est vécu.
Un tajine peut être placé au centre de la table et partagé. Le couscous peut être servi dans un grand plat commun. Le pain peut être utilisé pour accompagner le repas. Les salades et les accompagnements peuvent être disposés au milieu de la table.
Cela crée une expérience très différente d’un repas où chacun reçoit exactement la même chose dans une assiette individuelle.
Et lorsqu’on mange à plusieurs, il y a aussi toute une petite dynamique sociale qui se met en place.
On propose.
On sert.
On partage.
On s’assure que les autres ont suffisamment mangé.
On discute.
On reprend un peu. Puis encore un peu.
Et parfois, le repas devient beaucoup plus long que prévu.
Pourquoi vous encourage-t-on parfois à manger davantage?
Vous allez probablement entendre cette phrase : « Mange, mange! »
Et peut-être même alors que vous êtes déjà complètement rassasiée.
Au début, une Québécoise peut se demander :
Mais… je viens de dire que je n’avais plus faim. Pourquoi insiste-t-elle? C’est là qu’il faut comprendre le contexte.
Dans certaines familles et situations sociales, encourager son invité à manger peut être une manière de démontrer son hospitalité et sa générosité.
Si quelqu’un vous reçoit chez lui, vous offrir de la nourriture et s’assurer que vous avez suffisamment mangé peut être considéré comme une façon de bien vous recevoir. Ce n’est donc pas nécessairement une remarque sur votre poids, votre apparence ou la quantité que vous devriez manger.
Et surtout, il n’est pas nécessaire d’interpréter chaque « Mange encore! » comme une obligation.
Vous pouvez simplement répondre :
« Merci, c’était délicieux, mais je suis vraiment rassasiée. »
Et sourire.
Le pain, le thé et le temps
Un repas marocain peut aussi avoir un rythme différent de celui auquel vous êtes habituée.
Le pain arrive. Puis les plats. Puis le thé. Puis les conversations.
Et parfois, vous pensiez avoir terminé… mais quelqu’un revient avec quelque chose d’autre.
C’est justement l’une des raisons pour lesquelles je recommande aux participantes de mes retraites de ne pas remplir leur journée à la minute près.
Parce qu’un repas peut devenir un véritable moment de rencontre. Et honnêtement, je préfère largement une participante qui arrive cinq minutes plus tard à l’activité parce qu’elle était en train de terminer tranquillement un repas partagé, plutôt qu’une participante qui avale son déjeuner en regardant constamment sa montre.
Les repas pendant une retraite de yoga
C’est encore plus important dans le contexte d’une retraite. La nourriture fait partie intégrante de l’expérience.
Vous ne venez pas uniquement faire du yoga. Vous venez aussi découvrir un endroit, une culture, des saveurs et une autre façon de vivre.
Un repas peut devenir un moment où le groupe se retrouve après une pratique.
Un moment pour raconter sa journée.
Un moment pour découvrir un plat local.
Ou simplement un moment où personne ne parle de l’horaire.
Et c’est souvent dans ces moments-là que le groupe commence réellement à créer des liens.
Il y a quelque chose de très particulier à être assise autour d’une table avec des personnes que vous connaissiez à peine quelques jours auparavant et à réaliser que vous êtes maintenant en train de partager un repas comme si vous vous connaissiez depuis beaucoup plus longtemps.
Et si je suis végétarienne?
Bonne nouvelle : il existe énormément de possibilités végétariennes dans la cuisine marocaine.
Légumes, légumineuses, couscous, salades, soupes, tajines de légumes, pain, fruits… Une retraite de yoga peut aussi adapter ses menus en fonction des besoins alimentaires annoncés à l’avance.
Mais encore une fois, je recommande de communiquer clairement vos restrictions ou allergies alimentaires avant le voyage.
Être végétarienne, avoir une allergie ou suivre une alimentation particulière ne signifie pas que vous devez vous priver de la cuisine locale. Il faut simplement que l’information soit connue et bien communiquée.
Une autre façon de voir le repas
Je pense que c’est peut-être l’une des plus belles différences à découvrir.
Au Québec, nous pouvons parfois voir le repas comme une interruption entre deux activités. Au Maroc, il peut devenir l’activité elle-même.
On ne mange pas nécessairement pour pouvoir retourner rapidement à ce qu’on faisait.
On mange, on parle, on reçoit, on partage. Et lorsqu’on voyage, c’est une habitude qui peut nous obliger à ralentir.
C’est aussi pour cette raison que je dis souvent aux participantes de mes retraites :
Ne regardez pas seulement ce qu’il y a dans votre assiette. Regardez ce qui se passe autour de la table.
C’est là que vous allez parfois découvrir une partie beaucoup plus authentique du Maroc.

8. Le pourboire fait partie des habitudes sociales
Une chose qui peut surprendre les Québécois au Maroc : le pourboire fait assez souvent partie des habitudes sociales liées au service.
Au Québec, nous sommes habitués à donner un pourboire principalement dans certains contextes bien précis : restaurant, bar, coiffure, taxi, livraison, etc. Et avec le temps, nous avons développé nos propres codes autour du fameux 15 %, 18 %, 20 %… et parfois cette petite réflexion intérieure au moment de payer : « Bon… combien je laisse? »
Au Maroc, le fonctionnement est différent.
Le pourboire, souvent appelé « pourboire » ou « bakchich » dans certains contextes, peut être donné pour reconnaître un service, remercier quelqu’un ou simplement montrer son appréciation. Il n’existe toutefois pas une règle universelle applicable partout.
Et surtout : tout le monde ne s’attend pas nécessairement au même montant, ni même à un pourboire.
Qui peut s’attendre à un pourboire?
Cela dépend énormément du service, du lieu et de la situation.
Dans un restaurant, il est courant de laisser quelque chose lorsque le service a été apprécié, particulièrement dans les établissements touristiques ou plus haut de gamme. Personnellement, j’aime offrir à ce type de service au moins 10%. Cela fait toujours plaisir au serveur.
Un chauffeur qui vous accompagne pendant une journée, un guide qui vous fait découvrir sa région, une personne qui transporte vos bagages ou quelqu’un qui vous rend un service particulier peut également recevoir un pourboire.
Dans un contexte de voyage organisé, on peut aussi rencontrer plusieurs personnes qui contribuent à votre expérience sans être directement visibles : chauffeurs, guides locaux, personnel de ménage, cuisiniers, accompagnateurs, etc.
Le pourboire peut alors devenir une manière simple de dire :
« Merci pour le service que tu m’as rendu. »
Ce n’est pas nécessairement une récompense spectaculaire. C’est souvent simplement une marque de reconnaissance.
Et c’est là que la différence culturelle devient intéressante.
Au Maroc, le pourboire n’est pas toujours uniquement lié à un pourcentage
C’est probablement l’une des premières choses que j’expliquerais à quelqu’un qui vient du Québec. Vous n’avez pas nécessairement besoin de sortir votre calculatrice après chaque service.
Dans plusieurs situations, le montant dépend davantage du type de service, de sa qualité, du contexte et de votre appréciation personnelle que d’un pourcentage fixe.
Un petit service ne demande évidemment pas la même chose qu’une personne qui vous a accompagnée pendant plusieurs heures. Et dans certains endroits, un pourboire modeste peut être tout à fait approprié.
Le plus important est donc d’éviter de chercher la règle parfaite. Observez plutôt ce qui se fait autour de vous.
Et le fameux « petit service »?
C’est quelque chose que les Québécois peuvent remarquer rapidement.
Quelqu’un vous aide avec vos bagages.
Quelqu’un vous indique votre chemin.
Une personne vous aide à trouver un taxi.
Quelqu’un vous rend un petit service que vous n’aviez pas demandé.
Selon la situation, il peut être approprié de donner un petit quelque chose. Mais attention : cela ne signifie pas que vous devez payer chaque personne qui vous adresse la parole.
Vous pouvez remercier verbalement. Vous pouvez refuser un service dont vous n’avez pas besoin. Et vous pouvez aussi demander clairement le prix lorsqu’un service est proposé.
Encore une fois : contexte, contexte, contexte.
La grande différence avec le Québec
Au Québec, le pourboire est devenu très codifié. On sait généralement dans quelles situations il est attendu et on a développé des repères assez précis.
Au Maroc, le fonctionnement peut être plus flexible. Vous pouvez donc avoir l’impression qu’il existe moins de règles écrites et davantage de codes sociaux à observer.
Et c’est justement ce qui peut déstabiliser au début.
Vous vous demandez :
« Est-ce que je dois donner un pourboire? »
« Combien? »
« Est-ce que cette personne s’y attend? »
« Est-ce que je vais avoir l’air cheap si je ne donne rien? »
Respirez.
Vous n’avez pas besoin de transformer chaque interaction en examen de mathématiques culturelles.
Si vous avez un doute, vous pouvez simplement demander à votre guide, à votre accompagnateur ou à une personne locale de confiance ce qui est habituel dans cette situation.
Dans une retraite de yoga, c’est encore différent
Lorsque j’accompagne un groupe, j’aime que les participantes comprennent qu’elles ne sont pas obligées de connaître tous les codes marocains avant d’arriver. C’est justement une partie de mon rôle d’organisatrice.
Si un chauffeur nous accompagne pendant plusieurs jours, si une équipe s’occupe des repas ou si quelqu’un nous guide pendant une excursion, j’explique aux participantes ce qui est habituellement approprié. Cela évite que chacune se retrouve à improviser de son côté. Et surtout, cela permet de ne pas transformer le voyage en une succession de petites inquiétudes :
Est-ce que j’ai donné assez?
Est-ce que je devrais donner plus?
Est-ce que j’ai fait comme il faut?
Vous êtes en voyage. Vous êtes là pour découvrir.
Une autre différence importante : le pourboire ne remplace pas le respect
Donner un pourboire ne signifie pas que vous devez accepter n’importe quel comportement ou payer pour obtenir un traitement respectueux.
Vous pouvez apprécier un service et donner un pourboire.
Vous pouvez aussi trouver qu’un service n’était pas à la hauteur et décider de ne pas en donner.
Et si quelqu’un vous demande de l’argent pour un service que vous n’avez jamais demandé, vous avez parfaitement le droit de dire non.
Le pourboire devrait rester une marque de reconnaissance, pas une source permanente de pression.
Mon conseil aux Québécois qui arrivent au Maroc
Ne cherchez pas à appliquer automatiquement les codes du Québec au Maroc.
Au Québec, on peut penser en pourcentage.
Au Maroc, pensez davantage en contexte.
Qui vous a rendu service?
Quel type de service?
Pendant combien de temps?
Est-ce un service pour lequel le pourboire est habituellement donné?
Et surtout : qu’est-ce qui semble approprié dans cet environnement?
Vous allez rapidement commencer à développer votre propre instinct. Et après quelques jours, vous réaliserez probablement que vous n’avez plus besoin de vous poser la question vingt fois par jour.
Vous observez. Vous demandez au besoin. Vous remerciez. Et vous passez à autre chose.
Parce que voyager dans un autre pays, ce n’est pas apprendre par cœur une liste de règles. C’est apprendre à lire un contexte qui n’est pas exactement le nôtre.
T’as envie de partir en retraite mais t’hésite si le Maroc est fait pour toi ?
9. Le rapport à l’espace et aux interactions sociales peut être différent
L’une des différences culturelles que les Québécois peuvent remarquer assez rapidement au Maroc concerne la façon dont les gens entrent en interaction les uns avec les autres.
Au Québec, nous avons parfois une relation assez claire avec notre espace personnel. On évite généralement d’interrompre quelqu’un que l’on ne connaît pas, on ne pose pas toujours de questions personnelles à un inconnu et, dans plusieurs situations, on laisse les gens tranquilles.
Au Maroc, selon le contexte, la ville, le quartier et les personnes, les interactions peuvent être plus spontanées.
Une conversation peut commencer beaucoup plus facilement.
Quelqu’un peut vous demander d’où vous venez.
Vous demander si vous aimez le Maroc.
Vous proposer de vous aider.
Vous poser une question personnelle.
Vous parler alors que vous ne vous connaissez absolument pas.
Au début, cela peut surprendre une personne habituée à une plus grande distance sociale. Et parfois, c’est simplement… une conversation.
Être abordée dans la rue
C’est probablement une réalité à laquelle certaines voyageuses québécoises doivent se préparer.
Une femme étrangère peut être remarquée et abordée dans certains endroits, particulièrement dans les zones très touristiques. On peut vous demander :
« Where are you from? »
« What’s your name? »
« Are you married? »
On peut vouloir discuter avec vous, vous proposer quelque chose, vous demander si vous avez besoin d’aide ou simplement chercher à engager la conversation. Et selon la personne, le contexte et votre propre perception, cela peut être sympathique, banal, insistant… ou franchement inconfortable.
Il est important de ne pas mettre toutes ces situations dans la même catégorie.
Une interaction sociale n’est pas automatiquement une menace. Mais une interaction inconfortable ne devient pas acceptable simplement parce qu’elle est culturellement différente.
Comprendre une différence culturelle ne signifie pas devoir accepter une situation qui vous met mal à l’aise
C’est probablement l’une des choses les plus importantes que j’aimerais transmettre aux femmes qui voyagent au Maroc. Vous pouvez respecter une culture et avoir vos propres limites.
Vous pouvez comprendre que quelqu’un communique d’une manière différente de vous sans avoir envie de poursuivre la conversation.
Vous pouvez sourire et dire bonjour.
Vous pouvez aussi dire non.
Vous pouvez continuer votre chemin.
Vous pouvez ne pas répondre.
Vous pouvez quitter une situation.
Et vous n’avez pas besoin de vous justifier pendant cinq minutes.
« Non merci. » Parfois, c’est suffisant.
Il faut aussi apprendre à faire la différence entre curiosité, hospitalité et insistance
C’est là que l’observation devient importante.
Une personne qui vous demande d’où vous venez et vous souhaite la bienvenue n’est pas nécessairement en train de vous importuner.
Un commerçant qui vous invite à regarder sa boutique ne signifie pas nécessairement qu’il essaie de vous arnaquer.
Une personne qui vous parle dans la rue n’a pas nécessairement une mauvaise intention.
Mais si vous avez clairement indiqué que vous ne souhaitez pas poursuivre l’interaction et que la personne insiste, vous pouvez considérer que votre limite n’est pas respectée.
La culture permet de comprendre un comportement. Elle ne vous oblige pas à le tolérer.
Le rapport à l’espace peut aussi être différent
Cela ne concerne pas uniquement les femmes ou les interactions dans la rue. Dans certains contextes, les conversations peuvent être plus rapprochées physiquement. Les gens peuvent se tenir plus près les uns des autres, toucher davantage leur interlocuteur ou avoir une manière plus expressive de communiquer. Mais là encore, il n’existe pas une seule manière « marocaine » de se comporter.
Une personne vivant à Casablanca n’aura pas nécessairement les mêmes habitudes qu’une personne vivant dans un petit village. Un jeune adulte, une personne plus âgée, un commerçant, un guide touristique ou une famille peuvent tous avoir des façons différentes d’interagir.
Le contexte compte énormément.
Et si quelqu’un vous aborde?
Vous n’avez pas besoin d’avoir une stratégie compliquée. Vous pouvez simplement rester polie et observer comment la situation évolue.
Si vous avez envie de discuter : discutez. Si vous n’avez pas envie : poursuivez votre chemin.
Si quelqu’un vous propose quelque chose qui ne vous intéresse pas : vous pouvez dire non. Et si une personne devient insistante, vous pouvez être beaucoup plus directe. Vous n’avez pas à rester souriante pour être polie. Vous n’avez pas à continuer une conversation simplement parce que quelqu’un a été gentil au départ.
Et vous n’avez surtout pas à vous sentir coupable de protéger votre espace personnel.
Une chose que j’ai appris en vivant au Maroc
Lorsque l’on arrive dans un nouveau pays, on peut avoir tendance à interpréter immédiatement ce qui nous semble différent avec nos propres références. Au Québec, quelqu’un qui nous aborde spontanément dans la rue peut nous sembler inhabituel. Au Maroc, cela peut être beaucoup plus courant dans certains contextes.
La bonne question n’est donc pas toujours :
« Pourquoi cette personne fait-elle ça? »
Elle peut plutôt être :
« Est-ce simplement différent de ce que je connais, ou est-ce que cette situation dépasse réellement mes limites? »
Cette distinction change beaucoup de choses. Parce que voyager ne signifie pas abandonner ses repères.
Cela signifie apprendre à faire la différence entre ce qui est simplement différent et ce qui n’est pas acceptable pour soi. Et honnêtement, c’est une compétence qui vous servira bien au-delà du Maroc.
10. Il faut parfois accepter de ne pas tout comprendre immédiatement
C’est probablement l’une des choses les plus importantes que j’ai apprises en vivant au Maroc.
Quand on arrive dans un nouveau pays, on cherche naturellement à comprendre.
Pourquoi cette personne fait-elle ça?
Pourquoi ça fonctionne comme ça?
Pourquoi personne ne semble pressé?
Pourquoi m’a-t-on posé cette question?
Pourquoi m’a-t-on offert du thé alors que j’avais déjà dit non?
Pourquoi cette heure annoncée n’était finalement pas exactement celle que j’avais imaginée?
Et notre cerveau fait quelque chose de très humain : il compare.
On prend ce qu’on connaît au Québec et on essaie de l’utiliser pour expliquer ce qu’on observe au Maroc. Parfois, ça fonctionne. Et parfois… pas du tout.
Vous allez probablement vivre quelques malentendus
Même avec la meilleure préparation du monde, vous allez probablement vivre quelques petits moments où vous vous direz :
« Euh… je ne suis pas certaine de comprendre ce qui vient de se passer. »
Une personne vous dit « oui », mais vous réalisez plus tard que ce n’était pas une confirmation aussi ferme que vous le pensiez.
Vous pensez qu’une invitation signifie quelque chose de précis, alors que la personne la voyait simplement comme une marque d’hospitalité.
Vous pensez qu’une personne est en retard, alors qu’elle considère que l’horaire était approximatif.
Vous interprétez une question personnelle comme une intrusion, alors que l’autre personne la voyait comme une manière normale de faire connaissance.
Ou encore, vous êtes convaincue qu’une situation est étrange… jusqu’à ce que quelqu’un vous explique le contexte.
Et soudain, tout prend un autre sens. Ces petits malentendus ne veulent pas nécessairement dire que quelqu’un a mal agi.
Ils peuvent simplement être le résultat de deux personnes qui utilisent des codes différents pour communiquer.
Posez des questions plutôt que de juger
C’est probablement le réflexe qui change le plus une expérience de voyage.
Au lieu de : « C’est bizarre. »
Essayez : « Comment ça fonctionne ici? »
Au lieu de : « Ils ne sont jamais à l’heure. »
Essayez : « Est-ce que l’heure annoncée est précise ou approximative? »
Au lieu de : « Pourquoi cette personne me pose autant de questions? »
Essayez de comprendre ce que cette conversation représente pour elle.
Au lieu de supposer qu’une façon de faire est mauvaise simplement parce qu’elle est différente de la nôtre, demandez-vous : « Qu’est-ce qui me manque pour comprendre cette situation? » Cette petite question demande beaucoup d’humilité. Parce qu’elle suppose que notre première interprétation n’est peut-être pas la bonne.
Et parfois, vous n’aurez tout simplement pas la réponse
C’est aussi ça, voyager.
Il y aura des situations que vous ne comprendrez pas complètement. Même après plusieurs années. Même après avoir appris les codes sociaux, les habitudes et quelques mots de darija. Parce qu’un pays n’est pas un manuel d’instructions.
Chaque personne a son caractère, chaque famille a ses habitudes, chaque région possède ses particularités et chaque situation possède son propre contexte. Il n’existe donc pas une seule explication à tout. Et c’est correct.
Vous n’avez pas besoin de tout décoder pour être capable d’apprécier ce que vous vivez.
Laissez-vous surprendre
Je pense que c’est là que le voyage devient vraiment intéressant. Parce que si vous partez au Maroc avec une liste mentale de tout ce qui doit être fait « correctement », vous risquez de passer votre séjour à comparer.
Les heures. Les repas. Les vêtements.
La façon de communiquer. La famille.
Le rythme. Le service. Les relations.
Tout devient : « Au Québec, on fait ça comme ceci. Ici, ils font ça comme cela. »
Et à force de comparer, on oublie parfois de simplement observer.
Laissez-vous surprendre.
Peut-être qu’un repas qui devait durer une heure prendra finalement trois heures.
Peut-être qu’une conversation avec quelqu’un que vous ne connaissiez pas deviendra l’un de vos souvenirs préférés.
Peut-être qu’une invitation imprévue vous fera découvrir un endroit que vous n’auriez jamais trouvé dans votre guide touristique.
Peut-être que vous allez vous perdre un peu.
Peut-être que vous allez rire d’un malentendu.
Et peut-être qu’après quelques jours, certaines choses qui vous semblaient étranges au départ commenceront simplement à vous sembler… normales.
Voyager, ce n’est pas devenir comme les gens du pays
Vous n’avez pas besoin d’abandonner votre façon d’être pour voyager au Maroc.
Vous n’avez pas besoin d’adopter toutes les habitudes locales.
Vous n’avez pas besoin d’être d’accord avec tout.
Et vous n’avez certainement pas besoin de prétendre que quelque chose vous convient si ce n’est pas le cas.
L’objectif est plutôt de développer suffisamment de curiosité pour pouvoir dire : « Ce n’est pas comme chez moi. Laisse-moi comprendre avant de décider ce que j’en pense. »
C’est une nuance importante.
Comprendre n’est pas nécessairement approuver.
S’adapter ne signifie pas s’effacer.
Et respecter une différence culturelle ne signifie pas abandonner ses propres limites.
C’est probablement la plus belle chose que le voyage peut nous apprendre
On part souvent avec l’impression que notre façon de faire est simplement… normale. Puis on réalise qu’elle est surtout notre façon de faire.
Il existe d’autres manières de manger, de travailler, de recevoir quelqu’un, de communiquer, de passer du temps en famille, de gérer le temps, de créer des liens et de vivre son quotidien.
Certaines vont nous plaire. D’autres beaucoup moins. Certaines vont nous déstabiliser. Et certaines vont peut-être nous faire remettre en question des choses que nous pensions immuables.
C’est exactement pour ça que j’aime autant voyager.
Pas pour trouver une autre façon de faire les choses « correctement ». Mais pour découvrir qu’il existe souvent plus d’une façon de vivre.
Alors si vous partez au Maroc pour la première fois, mon meilleur conseil n’est peut-être pas de mémoriser les 10 différences culturelles de cet article.
C’est simplement celui-ci :
Observez avant de comparer.
Posez des questions avant de juger.
Et laissez-vous surprendre.
Parce que parfois, les choses que vous ne comprenez pas au début deviennent précisément celles dont vous vous souvenez le plus longtemps.
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Ce que j’aurais aimé savoir avant de vivre au Maroc
Après trois ans à vivre au Maroc, il y a des choses que j’aurais aimé comprendre avant de m’installer ici. Pas seulement les différences culturelles, les habitudes ou les petits codes sociaux dont je viens de vous parler.
Mais plutôt ce que le Maroc m’a personnellement appris.
Parce que voyager dans un pays et y vivre sont deux choses complètement différentes. Quand on voyage, on peut parfois contourner ce qui nous dérange. On peut retourner à l’hôtel, reprendre l’avion et rentrer chez soi. Quand on y vit, on finit par être confronté aux mêmes différences encore et encore.
Et, tranquillement, elles commencent à nous apprendre quelque chose.
« La première chose que j’ai comprise, c’est que ça ne sert à rien d’aller trop vite dans la vie. »
Je me pensais patiente avant de venir vivre au Maroc. À vrai dire… je ne le suis probablement pas autant que je le pensais.
J’aime quand les choses sont efficaces. J’aime quand c’est organisé. J’aime être productive, savoir où je m’en vais et que les choses avancent. Et je ne veux surtout pas perdre ces qualités.
Mais le Maroc m’a appris — et m’apprend encore — à ralentir et à être flexible.
Parce qu’ici, il y a parfois des choses que vous ne pouvez tout simplement pas contrôler. Vous aviez prévu de travailler sur votre ordinateur et, finalement, tout le village n’a plus d’électricité.
Vous devez vous rendre quelque part à une heure précise et l’autobus est en retard.
Vous avez vu qu’un café ouvrait à 10 h et, à 10 h 05, les portes sont toujours fermées. À 10 h 15, toujours rien. À 10 h 20… quelqu’un arrive finalement avec les clés.
Au début, ça peut être frustrant. Très frustrant. Tu penses que le monde n’est pas fiable.
Puis, à force de vivre ce genre de situations, vous réalisez que votre frustration ne va pas faire revenir l’électricité, faire avancer l’autobus ou ouvrir la porte du café plus rapidement.
C’est là que le fameux « Inchallah » a commencé à prendre beaucoup plus de sens pour moi.
Pas simplement comme une expression que l’on entend partout, mais comme une manière d’accepter qu’une partie de la vie échappe à notre contrôle. Faire ce qui est possible. Avoir de bonnes intentions. S’organiser. Être efficace.
Mais aussi accepter que tout ne se déroulera pas nécessairement comme prévu.
Je suis encore une personne organisée. J’aime que les choses fonctionnent. Mais je suis beaucoup moins attachée à l’idée que tout doit fonctionner exactement comme je l’avais décidé. Et ça, pour moi, c’est une énorme différence.
« Une autre chose qui m’a surprise, c’est probablement le fait que les gens prennent le temps. »
Au Québec, j’ai parfois l’impression que nous sommes constamment en train de courir après quelque chose.
Le travail.
Les rendez-vous.
Les commissions.
Le prochain engagement.
Le souper qu’il faut préparer.
L’heure à laquelle il faut être quelque part. Même prendre un café peut parfois devenir une activité que l’on fait rapidement entre deux choses.
Au Maroc, j’ai découvert une autre relation au temps.
Je me souviens particulièrement d’une situation dans un souk.
Je regardais un bijou et j’étais simplement là pour acheter quelque chose. Et plutôt que de passer directement à la transaction, on m’a fait asseoir. On m’a offert du thé. On a discuté. Et le temps a passé.
Je me souviens avoir trouvé ça vraiment marquant. Parce qu’au Québec, soyons honnêtes : qui va prendre le temps de vous offrir quelque chose à boire gratuitement avant que vous achetiez un bijou?
On a souvent déjà trois autres choses à faire après. Et c’est justement là que j’ai commencé à comprendre que le temps peut aussi être une forme de générosité. Le thé n’était pas nécessairement là pour accélérer la vente.
Le moment de connexion faisait partie de l’expérience.
Et aujourd’hui, je remarque beaucoup plus ces petits moments.
Une conversation qui dure plus longtemps que prévu.
Un thé qui s’éternise.
Un repas qui n’a aucune raison d’être terminé rapidement.
Une personne qui prend réellement le temps de vous parler.
Je ne suis pas devenue une personne qui ne se presse jamais. Je suis encore moi.
J’aime l’efficacité. J’aime être productive. Mais j’ai appris qu’il y a des moments où prendre son temps n’est pas perdre son temps.
« Et probablement la plus grande leçon : ne pas me laisser influencer par toutes les histoires des autres. »
C’est peut-être celle qui m’a le plus marquée.
Avant de vivre au Maroc, j’ai entendu toutes sortes d’histoires.
Sur le pays. Sur les Marocains. Sur les femmes qui voyagent seules. Sur la sécurité. Sur les démarches administratives. Sur ce qui allait être compliqué, dangereux, impossible ou interminable.
Et évidemment, certaines expériences racontées par les autres sont réelles. Il faut les écouter.
Mais j’ai aussi compris quelque chose d’essentiel :
une expérience n’est pas nécessairement la vôtre simplement parce que quelqu’un vous l’a racontée.
Chacun arrive avec son histoire, son contexte, ses attentes, ses rencontres et ses propres perceptions.
Je vis au Maroc depuis trois ans maintenant et, personnellement, je ne me suis jamais sentie en danger dans ma vie quotidienne. Ça ne veut pas dire que tout est parfait. Ça ne veut pas dire que toutes les expériences sont les mêmes. Et ça ne veut surtout pas dire qu’il faut ignorer les conseils de prudence.
Ça veut simplement dire que mon expérience m’appartient.
Je pense notamment à quelque chose d’aussi banal que l’ouverture de mon compte bancaire. Avant de commencer les démarches, on m’avait dit que ce serait long, compliqué, qu’il faudrait probablement plusieurs documents et que ça risquait d’être une véritable aventure administrative. J’étais donc préparée mentalement à quelque chose de compliqué. Et finalement?
Mon expérience a été complètement différente.
Mon compte a été ouvert en environ quinze minutes. Quinze minutes.
Évidemment, cela ne signifie pas que toutes les personnes qui souhaitent ouvrir un compte au Maroc auront la même expérience que moi. Cela signifie simplement que l’expérience de quelqu’un d’autre n’est pas automatiquement une prédiction de la mienne.
Et je pense que c’est une distinction importante lorsqu’on voyage.
Écouter les expériences des autres, oui. S’en servir pour se préparer, absolument. Mais ne pas laisser les histoires des autres devenir notre propre réalité avant même d’avoir vécu la nôtre.
Ce que le Maroc m’a finalement appris
Je pense que c’est probablement ça, le plus grand enseignement que je retiens de ces trois dernières années.
Ralentir sans perdre mon efficacité.
Être flexible sans perdre mon organisation.
Écouter les autres sans leur laisser définir mon expérience.
Et surtout, apprendre à faire un peu plus confiance à ce qui se passe devant moi plutôt qu’à l’histoire que je m’étais déjà racontée dans ma tête. Parce qu’au fond, c’est peut-être ça aussi, voyager.
Arriver avec suffisamment de connaissances pour être préparée. Mais laisser assez de place pour que la réalité puisse vous surprendre.

❓ FAQ : voyager au Maroc en tant que Québécois
Est-ce que les Québécois doivent adapter leur comportement au Maroc?
Oui, comme dans n’importe quel pays, il est utile de connaître et de respecter les normes culturelles locales.
Cela peut vouloir dire adapter sa tenue, sa façon de communiquer ou certains comportements selon le contexte, sans pour autant changer qui l’on est. Voyager, c’est aussi comprendre que notre façon de faire n’est pas universelle : restez vous-même, mais soyez ouvert à faire les choses autrement.
Comment faut-il s’habiller au Maroc?
Il n’est pas nécessaire de porter des vêtements traditionnels ou de vous couvrir les épaules. Habillez-vous surtout en fonction du contexte : une tenue de plage convient à la plage, tandis qu’une tenue un peu plus couvrante et ample sera préférable dans un village, un quartier local ou un lieu religieux. L’idée n’est pas de vous cacher, mais simplement d’adapter votre tenue à l’endroit où vous vous trouvez pour ne pas attirer trop l’attention et respecter la culture.
Est-ce que les femmes peuvent voyager seules au Maroc?
Oui, de nombreuses femmes voyagent seules au Maroc, mais comme partout, il est important de rester attentive à son environnement, de connaître certaines réalités culturelles et d’adapter ses déplacements au contexte. Une expérience de voyage varie énormément selon la destination, le type de séjour et la personne.
Peut-on boire de l’alcool au Maroc?
Oui, l’alcool est disponible au Maroc, mais pas partout. On en trouve notamment dans certains hôtels, restaurants, bars et établissements autorisés, particulièrement dans les zones touristiques (veuillez appeler pour réserver car c’est souvent bondé de gens).
Les règles et les pratiques peuvent varier selon les lieux et les périodes, notamment pendant le Ramadan. Le plus simple est donc de vérifier si l’établissement où vous vous trouvez en sert et de respecter le contexte local.
Est-ce qu’il faut parler arabe au Maroc?
Non, vous n’avez pas besoin de parler arabe pour voyager au Maroc. L’arabe marocain, appelé darija, est très présent dans la vie quotidienne, tout comme l’amazigh dans plusieurs régions. Le français est également largement utilisé, notamment dans les villes, les commerces et le secteur touristique. Dans les zones touristiques, vous pourrez généralement vous débrouiller en français et souvent en anglais. Quelques mots de darija comme salam, choukran (merci) ou besaha (à votre santé / bon appétit) sont toutefois toujours appréciés et peuvent créer un joli contact avec les gens que vous rencontrerez.
Peut-on marchander au Maroc?
Oui, dans certains contextes, mais pas partout. Le marchandage est courant dans plusieurs souks, marchés et pour certains services, tandis que les prix sont généralement fixes dans les supermarchés, pharmacies, restaurants et commerces à prix affichés. Si vous avez un doute, demandez simplement : « Le prix est fixe ou négociable? »
L’important est de marchander avec respect, sans considérer la négociation comme un jeu où il faut absolument « gagner ». Ce qui vous semble juste est le bon prix.
Est-ce qu’on peut donner la main ou embrasser son partenaire en public?
Oui, mais la discrétion est généralement préférable, surtout dans les quartiers plus traditionnels, les villages ou à proximité de lieux religieux. Se tenir la main ou avoir un geste affectueux discret peut être perçu différemment selon le contexte, tandis que les démonstrations d’affection plus intimes sont mieux réservées aux espaces privés.
Comme pour plusieurs différences culturelles, observez votre environnement et adaptez-vous au contexte.
Cependant, la loi n’accepte pas les couples non-mariés mixtes. Ceci dit, une réservation dans un hôtel d’un couple marocain et québecois n’est pas autorisé. Veuillez écrire à l’hébergement directement.
Est-ce que les Marocains sont ponctuels?
Il n’y a pas de réponse unique : les attentes envers la ponctualité peuvent varier selon les personnes, les régions et surtout le contexte. Un rendez-vous professionnel ou un départ pour l’aéroport ne se gère pas nécessairement comme un café entre amis ou une activité informelle. Dans certaines situations, l’heure annoncée peut être plus flexible qu’au Québec. Le mieux est donc de confirmer les horaires importants et de prévoir une petite marge, tout en acceptant que le rythme puisse parfois être différent du vôtre.
Le Maroc ne se visite pas seulement : il se découvre
Le but de connaître ces différences culturelles n’est pas de vous transformer en expert de la culture marocaine avant même d’avoir posé le pied à Marrakech.
C’est simplement d’arriver avec un peu plus de curiosité et un peu moins d’attentes.
Parce que voyager, c’est aussi accepter que notre façon de faire les choses n’est pas la seule façon de faire les choses.
Et parfois, les moments qui nous déstabilisent un peu au départ deviennent justement ceux dont on se souvient le plus longtemps.

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